Saint-Dizier

Saint-Dizier et ses « vaillants Bragards »

Simple bourgade proche d’une demeure seigneuriale au IXè siècle, Saint-Dizier est devenue ville fortifiée au XIIIè siècle, après sa fusion avec les villages de La Noue (Olonna) et Gigny (Gihinni). L’expansion de la métallurgie a transformé, au fil des siècles, cette ancienne Place Forte en cité industrielle. Chacun des quartiers qui la composent a cependant conservé sa propre identité, qui transparaît au gré des promenades. Tout a commencé il y a très longtemps…

A la découverte des origines de Saint-Dizier

Depuis plus d'un siècle, les fouilles archéologiques entreprises à Saint-Dizier révèlent l'histoire de la Ville qui trouve son origine il y a près de 2000 ans. La parcelle des Crassées acquise par la ville de Saint-Dizier, contient les vestiges d’une résidence rurale gallo-romaine ainsi qu'une nécropole.
La fouille engagée depuis 2011 avec la participation de l'INRAP, via des méthodes modernes, est la première d'une telle ampleur pour la Haute-Marne.

Plus de détails sur : http://www.saintdizierarcheo.fr/

Même si la présence d’une villa gallo-romaine et la découverte de trois sépultures de chefs francs attestent l’importance stratégique du territoire, l’histoire de la ville de Saint-Dizier en tant que localité commence dès la féodalité avec la famille de Dampierre.

 

Saint-Dizier Place Forte Royale

Gui II de Dampierre, l’un des plus puissants seigneurs, proche du roi de France Philippe Auguste, choisit d’implanter son domaine au confluent des rivières Marne et Ornel. Il fait édifier son château (actuelle Sous-Préfecture) et l’église Notre-Dame en 1202, autour de laquelle la ville neuve se développe progressivement.

En 1488, le roi Charles VIII réunit la Seigneurie de Saint-Dizier à la couronne de France. Par sa position stratégique, à la limite des royaumes de France et face à la Lorraine, Saint-Dizier devient une Place Forte Royale, ceinte de remparts et de fossés inondables. Le château devient le lieu de résidence du gouverneur militaire et d’une partie des troupes, les soldats pour la plupart sont logés chez l’habitant. Dès cette époque et surtout au XVIè siècle, les fortifications et les systèmes défensifs ont été améliorés par les ingénieurs royaux, notamment Marini, l’architecte de François 1er. Il est à l’origine de la création des fronts bastionnés et du cavalier (*IMH) à l’extrémité sud du château.
*inscrit en tant que Monument Historique.

 

Le siège de 1544, une bataille historique

Durant l’été 1544, les armées de l’empereur Charles Quint en guerre contre le roi François Ier envahissent Saint-Dizier, ville frontière du Royaume de France. Près de 42000 soldats font face aux troupes de la ville et aux habitants, à peine 4500 hommes, femmes et enfants. Les assaillants, de différentes nationalités, sont mal coordonnés et mal soutenus. L’assaut est repoussé pendant plus d’un mois par les défenseurs avec de lourdes pertes de part et d’autre. Cette résistance permet à la France de se ressaisir et de sauver Paris. François Ier, en reconnaissance à la cité, permet à cette dernière de porter ses propres armes : « d’azur au château sommé de trois tours d’argent maçonnées de sable », avec cette devise « Regnum Sustinent » (« ils soutiennent le royaume »).

 

Une ville en mutation

En 1775, un incendie détruit prés des deux tiers de la ville fortifiée. Ajouté à la perte pour Saint-Dizier de son rôle de défense des frontières, neuf ans plus tôt, lors du rattachement de la Lorraine à la couronne, cet évènement transforme la ville. L’ingénieur des Ponts et Chaussées, Coluel, décide la destruction d’une grande partie des fortifications, devenues inutiles, et des maisons à colombages faisant ainsi disparaître l’aspect médiéval de la ville.

Il faut attendre la fin du XIXème siècle - qui marque la fin des conflits historiques et l’apogée de la fonte d’art - pour percevoir toute l’ampleur des mutations de la ville : construction de l’Hôtel de Ville, de la Halle au blé qui deviendra le théâtre, du canal de la Marne à la Saône (Canal Entre Champagne et Bourgogne depuis 2004).

La rénovation de Saint-Dizier se poursuit. Élargir et densifier le centre-ville, moderniser l’habitat, aménager les rives de la Marne, construire un centre culturel de plus de 1000 place, accueillir les entreprises sur le Parc d’activités de référence…Saint-Dizier est une ville en mouvement, une ville attractive. En savoir plus : www.ville-saintdizier.fr

 Le Saviez-vous ? 

 

L’origine du nom « Bragards » 

Les habitants de Saint-Dizier s’appellent les Bragards. Selon la tradition populaire, ce nom viendrait d'une exclamation de François Ier :"Ah, les braves gars!" voire même «Ah, les Bragards!» pour les gaillards, en apprenant la résistance de la ville en 1544. Une étude toujours en cours, nous dévoile que le terme « Bragard » était fréquemment usité à cette époque. Il serait issu du mot «braies», le pantalon gaulois, et signifierait à la fois «braillard et courageux».

 

Napoléon à Saint-Dizier

Au cours des opérations menées par Napoléon durant la Campagne de 1814. L'Empereur qui séjourna à l'actuel n° 60 de la rue Dr-Mougeot sortit vainqueur à Saint-Dizier et pour la dernière fois avant la campagne de Belgique en 1815.

 

Les crèmes glacées M.I.K.O.

Implantée à Saint-Dizier dès 1921, l’entreprise artisanale de la famille ORTIZ devient en 1951 l’usine des crèmes glacées MIKO. Dès lors la famille bragarde n’a de cesse d’innover son usine et de développer des partenariats dont le plus célèbre reste celui conclu avec le Tour de France ; MIKO devient ainsi une marque connue et largement vendue dans le monde entier. En 1994, la multinationale UNILEVER rachète le groupe Ortiz-Miko qui devient le groupe COGESAL-MIKO, l’un des leaders européens de crèmes glacées.

Situé sur l’ancien site de l’usine, le multiplexe Ciné Quai avec sa tour des années 30 héberge une salle dédiée à Miko ainsi que des objets publicitaires, rappelant son partenariat avec le cinéma ! . Retrouvez toute l’histoire de Miko à Saint-Dizier sur le site www.museemiko.com

 

L’aviation à Saint-Dizier : de l’avion Farman au Rafale

En 1910 un avion Farman atterrit près de la ferme Notre-Dame. Cet événement marquera les Bragards qui créeront peu de temps après le Comité Bragard d’Aviation Militaire à l’origine de la construction du terrain d’aviation Robinson en 1913. L’aviation locale se développe peu à peu avec l’organisation de meetings aériens. Pendant les conflits le terrain sert de base pour recevoir les escadrilles qui restent à une distance raisonnable des champs de bataille. Après avoir été le siège d’une intense activité pendant les années de guerre, le terrain retrouve son calme puis deviendra dès 1951 la B.A. 113. Le colonel Gavoille commandant la base propose le nom de son ami Antoine de Saint-Exupéry. Celui-ci a séjourné dans la région et effectué plusieurs missions jusqu’en avril 1940. La base aérienne 113 Saint-Exupéry accueillera la 1ère escadre de Chasse jusqu’en 1966 puis dès 1973 l’AN52, une escadre à vocation nucléaire tactique et conventionnelle équipée du Jaguar, qui prendra fin en 2004. Aujourd’hui la B.A. 113 est la seule base de défense en France à accueillir le Rafale, dernier fleuron de la technologie aéronautique.